SOS Saint Joseph

SOS Saint Joseph

Chapelles vivantes - mars 2021

 

            Dans une période inédite où personne ne bouge plus, où chacun commence à regarder avec suspicion celui qu’il croise, où le virtuel remplace de plus en plus la relation humaine, tendant à transformer les êtres humains en spectres sans âme ni opinion : Qu’il est bon et salutaire de pouvoir lever les yeux vers des icônes qui ont su braver l’horreur et ce qui semblait impossible grâce à une identification manifeste du Christ fait homme en eux.

            Franz Stock entre dans ces personnalités extraordinaires qui ont su totalement vivre sans se retourner, pour l’unique désir de sauver physiquement et spirituellement des hommes en immense détresse, se faisant au quotidien : frère par la compassion et le service, passeur d’âmes, passionné pour les relations franco-allemandes. Pendant la dernière guerre mondiale, il va au risque de sa vie chercher à être artisan de paix au cœur de la fournaise, accompagnant jusqu'au bout les condamnés à mort, soutenant avec discrétion leurs familles.

 

            Ainé d’une famille de 9 enfants à Neheim, Franz, à l’école primaire depuis l’âge de 6 ans, passait à peu près inaperçu. A la paroisse, il était enfant de chœur et à onze ans, fit sa première communion. Vers la fin de sa douzième année, il quitta l’école primaire pour devenir élève du lycée de la ville. Dès cette époque, Franz se sentit attiré vers le sacerdoce sans pouvoir encore se l’exprimer clairement. Peu à peu cette attirance se précisa en lui et il rêva alors de devenir religieux franciscain. S’il ne se faisait pas remarquer, il était très intelligent ; malheureusement son état de santé était déjà déficient. Seuls, son énergie au travail, son application et son courage eurent raison de ces difficultés où en 1926, il couronna ses études secondaires par l’Abitur (Baccalauréat).

            Travailleur animé du désir intense de vivre, de découvrir le monde, de tisser des liens d’amitié, tel nous apparaît Franz dans ses années de jeunesse. Il aimait la musique, s’essayait déjà à la peinture, visitait l’Allemagne, sac à dos, restant silencieux devant les beautés de la création ou faisant exploser sa joie en chantant de tout son cœur sur les routes qu’il parcourait avec quelques camarades.

            Depuis quelques mois, Franz muni de son Abitur, était entré au grand séminaire de Paderborn. A Bierville, il s’intéressa tout particulièrement aux jeunes catholiques des pays étrangers au sien, avec une prédilection pour les français. Il put échanger avec eux et découvrir quelques-unes des aspirations de ces jeunes et leur vision chrétienne du monde et de son histoire. Joseph Folliet[1], qui s’intéressait aussi aux jeunes allemands, le frappa comme orateur.

            De là, Franz Stock désire faire une partie de ses études dans une université française. A Bierville, il avait été conquis par les idées et le style des jeunes français. Paris l’attirait. Il prit contact avec Joseph Folliet. Par ricochet, les « Compagnons de Saint François » prirent aux mouvements de jeunesse allemande leur mystique de la route, de la vie au grand air, de la joie s’exprimant dans les chansons et y ajoutèrent la spiritualité propre de Saint François : pauvreté, simplicité, humilité, paix.

            Franz devient condisciple de Joseph Folliet au séminaire des Carmes et s’enrôle dans le mouvement fondé par son ami. Entre France et Allemagne, se tissent des liens avec les Compagnons, il prépare le pèlerinage majeur des compagnons qui devait se dérouler en 1931 au Luxembourg et se prolonger en Allemagne avec comme thème « la paix internationale ».

            Le 12 mars 1932, Franz Stock devient prêtre dans la cathédrale de Paderborn. Deux ans après son ordination, le jeune prêtre était nommé à la mission catholique allemande de Paris (1934). [2]

 

 

 

 

 

Vivons en enfant de lumière

 

L’heure est venue de l’exode nouveau !

Voici le temps de renaître d’en haut !

Quarante jours avant la Pâque,

Vous commencez l’ultime étape.

 

Vivons en enfant de lumière

Sur les chemins où l’Esprit nous conduit :

Que vive en nous le nom du Père !

 

L’heure est venue de sortir du sommeil !

Voici le temps de l’appel au désert !

Allez où va le Fils de l’homme.

La joie de Dieu sur Lui repose.

 

L’heure est venue de lutter dans la nuit !

Voici le temps d’affronter l’ennemi !

N’ayez pas peur face aux ténèbres.

A l’horizon la croix se dresse.

 

L’heure est venue de grandir dans la foi !

Voici le temps de la faim, de la soif !

Gardez confiance, ouvrez le livre.

Voici le pain, voici l’eau vive !

 

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Abbé Franz Stock 

né le 21 septembre 1904 à Neheim (Arnsberg) en Rhénanie Prussienne et mort le 24 février 1948 (Paris).

Son procès en béatification est ouvert par l’Eglise catholique en 2009.

 

 

Chapelet à Notre-Dame avec l’abbé Franz Scot

 

 

Mystères douloureux

1 « Je crois en Dieu » 1 « Notre Père », 3 « Je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ».

Ô mon Jésus, pardonnez-nous tous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix.

 

Premier Mystère Douloureux : l’Agonie de Jésus à Gethsémani

 

« Etant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang qui tombaient à terre». (Luc 22-44)

 

            L’agonie est déterminée par l’imminence de ce que Jésus voit bien clairement : sa condamnation à mort et la Passion qu’il doit subir. Quelle souffrance intime de l’âme, quelle amertume extrême dans la solitude, quel accablement du corps Jésus traverse-t-il !…

            La scène de Gethsémani encourage l’effort de volonté pour accepter la souffrance : « Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la vôtre. » Paroles bouleversantes qui nous montrent comment accepter la souffrance et ainsi la transcender en Dieu.

 

Bribes de vie de l’abbé Stock : le prêtre de la compassion

 

Le général de Cossé-Brissac raconte le souvenir qu’il garde de l’abbé Stock :

            « Oui, je revois cet homme encore jeune, au clair et profond regard, entrer dans nos cellules pour nous confesser et nous donner la communion. Certes, il évitait de critiquer le régime dont nous étions victimes, mais nous le sentions attentif à nos misères, compatissant à nos peines et à celles de notre patrie…  Il souffrait de nos souffrances. C’est lui qui accompagnait au mont Valérien les condamnés à mort. J’imagine son angoisse devant ceux qui se refusaient à la grâce, son humiliation du sujet allemand, son émotion de prêtre devant ceux qui mouraient en braves et en chrétiens. »

            « Ces visites journalières dans la prison constituaient pour lui un calvaire. S’il apparaissait aux chrétiens comme un prêtre, pour les autres, il était un allemand, suspect d’être l’instrument d’un appareil de contrainte et d‘espionnage.     Je lui garde une reconnaissance infinie. A cause de lui, j’ai oublié tous ceux qui m’ont persécuté. Je mesure ce qu’aux yeux de Dieu vaut un prêtre tel que lui… Nous devinions le martyr qu’endurait cet homme… »

            « Le Christ sera toujours prisonnier quelque part dans le monde ! » dira bientôt l’abbé Stock aux futurs prêtres allemands, prisonniers à Chartres… Il le sait tellement cela ; et il l’a si intensément vécu ! N’a-t-il pas rencontré tous les jours le Christ prisonnier à Fresnes, au Cherche-Midi, à la Santé ? Des milliers de fois il a assisté à Son humiliation, à Son agonie, à Son supplice…

            Ô Marie, consolatrice des affligés, avec l’abbé Stock, qui œuvrait avec tant de compassion pour les prisonniers, les condamnés à mort durant la seconde guerre mondiale, intercédez pour tous ceux qui nous défendent (soldats, policiers, gendarmes, pompiers, etc…) afin qu’ils sachent ouvrir leur cœur à la grâce pour trouver la force d’accomplir les missions qui leur sont confiées.

            Que le Seigneur mette sur leur route des aumôniers militaires au Cœur brûlant, prêts à accepter des missions aussi lourdes et dangereuses dans l’abandon absolu à Dieu. Qu’ainsi puisse rayonner auprès de tous ces corps d’armes, l’assurance d’une vraie Lumière auprès d’eux qui permet de tout transcender, rester libre en étant devenus des soldats du Christ.

           

1 « Notre Père »,10 « je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ». O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen

 

Mystère du calvaire

Mystère du calvaire, scandale de la croix
Le Maitre de la Terre, esclave sur ce bois !
Victime dérisoire, toi seul es le Sauveur,
Toi seul, le roi de gloire, au rang des malfaiteurs.

 

Deuxième Mystère Douloureux : la Flagellation

 

Alors Pilate leur relâcha Barabbas ; quant à Jésus, après l’avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié. (Matthieu 27, 26)

 

            Ce mystère nous conduit à nous souvenir du cruel supplice des coups qui s’abattent sur les membres immaculés et innocents de Jésus. Il subit jusqu’au bout sans chercher à se défendre, pour répondre à la volonté de son Père et ainsi œuvrer au salut de l’humanité. Il prend ainsi sur lui tous nos péchés, lui, Dieu fait homme !

            L’homme est corps et âme ; le corps subit les tentations les plus humiliantes et la volonté faible peut se laisser entraîner.

 

Bribes de vie de l’abbé Stock : aumônier militaire souffrant parmi les condamnés à mort

 

            Le soir du 29 août 1941, l’abbé Stock écrivait : « Aujourd’hui, Doornick, d’Estienne d’Orves et Barlier ont été fusillés au for du mont Valérien, près de Paris. Depuis leur captivité au Cherche-Midi, je puis dire que je me suis occupé d’eux d’une manière particulière… »

            Prédilection de l’aumônier pour ces trois prisonniers ? L’abbé Stock avait senti à quel point l’appel du Seigneur était pressant pour eux ; il avait été témoin aussi des réponses que ceux-ci y avaient apportées ; il les avait suivi lui-même dans cette ascension qui les avait acheminés progressivement vers un plus grand dépassement d’eux-mêmes, vers cette identification avec le Christ mourant pour le salut des hommes, pardonnant à ses ennemis.

            Il les avait vus, eux « nullement détachés de la vie » selon l’expression d’Estienne d’Orves, et s’ouvrir peu à peu à l’espérance de la vie éternelle et bienheureuse, s’y intégrer déjà jusqu’à s’y trouver extraordinairement à l’aise. Leurs écrits en témoignaient, leur pardon et leur mort aussi.

            Un autre prisonnier dira : « Il était plus qu’un prêtre, il était au-dessus, ou en avant du prêtre… L’on sentait qu’il n’accomplissait pas une fonction, qu’il n’était pas un fonctionnaire de sacerdoce – il était tellement proche de nous, et il nous rendait tellement proches de Dieu ! »

 

            Ô Marie, consolatrice des affligés, avec l’abbé Stock, qui voyait le Christ sur le visage empreint de détresse des prisonniers qu’il visitait chaque jour, intercédez pour tous les aumôniers militaires pour en faire des âmes tellement vaillantes qu’à leur contact, toute souffrance se trouve acceptée, offerte à Dieu en un désir toujours plus fort d’un dépassement – dans le sens élévation de son âme.

            Que tous nos corps d’armées puissent vivre avec au cœur la devise de l’abbé Stock : « D’un cœur pur, aimez-vous les uns les autres sans défaillance, engendrés de nouveau d’un germe non moins corruptible, mais incorruptible, la Parole de Dieu vivant et éternel ».

 

1 « Notre Père »,10 « je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ». O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen

 

Refrain : Le Seigneur est notre secours et nous chantons sa gloire éternellement

1- Seigneur délivre-nous par ta puissance et de ta force rends-nous forts.

2- Seigneur détruit le mal par ta présence ; voici nos cœurs purifies-les.

 

 

Troisième Mystère Douloureux : le Couronnement d’épines

 

Les soldats, tressant une couronne avec des épines, la lui posèrent sur la tête. (Jean 19,2)

 

            La contemplation de ce Mystère convient à ceux qui portent le poids de graves responsabilités pastorales et sociales. C’est ainsi que l’on peut dire que, même s’il s’applique à tout être humain évoquant la lutte contre l’orgueil, il est le Mystère des Papes, des Evêques, de tout le clergé, des gouvernants, des législateurs, des magistrats… de même de ceux qui ont reçu plus de talents. Là où est l’autorité se trouve inévitablement la Croix : parfois celle de l’indifférence et de la solitude, celle de l’incompréhension et du mépris, etc…

 

Bribes de vie de l’abbé Stock : artisan de paix

           

            Son ministère de recteur de la paroisse allemande de Paris va l’aider considérablement dans sa tâche, car, malgré ses journées déjà bien remplies dans les prisons, il continue néanmoins son activité pastorale. Il y a d’abord les messes du dimanche, à la Madeleine ou à l’église des étrangers. Très vite, il fait connaissance de nombreux officiers allemands, foncièrement chrétiens, qui régulièrement sont là au pied de l’autel, qui communient, qui servent parfois la messe. Il organise des réunions, des cercles pour les militaires, pour le personnel civil. Il multiplie les offices, neuvaines, triduum, organise des sorties, des promenades pour faire connaître à ses paroissiens allemands les beautés de l’Ile de France et les richesses de l’art français. Beaucoup de ces hommes souffrent, il le sait : familles disloquées, deuils qui se succèdent, éloignement des leurs – la dureté de la guerre les marque eux aussi.

            Peu à peu, au fil des conversations, dans les confidences qu’il reçoit, Stock se lie d’amitié avec certains soldats, officiers ou personnages de l’autorité d’occupation. Dès lors, connaissant leurs sentiments, veillant toutefois scrupuleusement à ne pas les compromettre pour ne pas leur nuire, il aura recours à eux, chaque fois qu’il le pourra. Il obtiendra ainsi des conseils pour les prisonniers, sera averti des intentions du Tribunal à l’égard de tel ou tel, ce qui lui permettra de  mettre en garde les intéressés.

            Plus tard lorsque les exécutions deviendront de plus en plus nombreuses, de plus en plus arbitraires, et que les autorités ne lui permettront plus d’assister les condamnés, un officier originaire de Westphalie comme lui, employé au Tribunal allemand, l’avertira régulièrement par des petits papiers dissimulés dans des cachettes diverses. Nul ne peut dire les drames que l’abbé Stock, aidé de ses amis, a pu ainsi éviter, les services qu’il a rendu à des familles entières, les arrestations nouvelles qu’il a empêché ; beaucoup de bénéficiaires de son action, ne s’en doutaient pas et même ne le sauront jamais, obligé qu’il était d’agir dans le plus grand secret et avec la plus grande prudence. Parfois, lorsqu’il était sûr des personnes à qui il s’adressait, il intervenait plus ouvertement, les mettait dans son secret.

            Ô Marie, consolatrice des affligés et Père Stock qui savait si bien partager un quotidien effrayant en gardant le même calme auprès de tous ses interlocuteurs avec humilité, dignité et respect, intercédez pour tous ceux qui nous défendent afin que soient préservées ces mêmes vertus qui gardent les hommes droits.

            Que tous nos militaires aient conscience et la capacité de garder un comportement digne et juste même si les situations difficiles qu’ils traversent leur donnent la tentation de dériver. Qu’ils demeurent debout dans l’offrande à Dieu à chacun de leurs instants et de leurs gestes.

 

1 « Notre Père »,10 « je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ». O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen

 

Mon âme se repose en paix sur Dieu seul :
De lui vient mon salut.
Oui sur Dieu seul mon âme se repose,
Se repose en paix.
(Bis)

 

 

Quatrième Mystère Douloureux : le Portement de Croix

 

« Si quelqu’un veut venir à ma suite… qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive ! » (Mt 16, 24)

 

            Si l’on voulait résumer ce Mystère : c’est accepter la croix  pour appartenir à Jésus. Dans ce Mystère, le Christ représente le genre humain. Malheureusement s’il n’y avait pas de croix pour chacun, l’homme serait tenté par l’égoïsme, la sensibilité, et il succomberait.

            Le fruit de cette contemplation de Jésus montant au calvaire est qu’il faut porter nos croix avec générosité et élan selon les paroles de l’Imitation de Jésus-Christ :

« Dans la Croix est le salut ; dans la Croix, la vie ; dans la Croix, la protection contre les ennemis ; dans la Croix, découlent les suavités célestes »

 

Bribes de vie de l’abbé Stock : le soutien constant des êtres en détresse au  péril de sa vie

 

            Il arrivait toujours à la prison en soutane ou en redingote de clergyman, sa serviette sous le bras. Très souvent, il faisait la route de Paris à Fresnes à bicyclette. Les S.S. de garde, qui ne l’aimaient pas, le voyant arriver, plaisantaient grossièrement : « Voilà encore le corbeau qui arrive »…  Lui, faisait semblant de ne pas entendre, de ne pas comprendre, et il passait… Les gardes ne se doutaient pas qu’intérieurement Stock avait peur et tremblait – les poches de sa soutane contenaient des lettres, de petits billets. Dans sa serviette, il y avait du papier, des crayons, quelques plaques de chocolat ou même de véritables colis de vivres… Cependant, chaque fois qu’il le pouvait, Stock faisait des commissions oralement – le risque était moins grand pour les prisonniers, les siens et pour lui-même.

            A travers l’abbé Stock, les liens coupés brutalement par l’arrestation se renouaient avec les familles, un peu de réconfort et d’espoir pénétraient derrière les épaisses murailles des prisons, un peu de bonheur entrait dans le cœur de ceux qui souffraient. Sans lui, c’eut été souvent le silence lourd et oppressant… Grâce à lui, bien des prisonniers ont réussi à se défendre devant les tribunaux, à trouver des appuis à l’extérieur, des conseils, des lumières…

            De temps à autres, l’abbé Stock disparaît des prisons. Absences légitimes, tant son besoin de repos est de plus en plus urgent. Toutefois, Stock n’accepte de disparaître que lorsqu’il sent une autre menace peser sur lui : celle d’une arrestation possible ou de son envoi en Russie. Lorsqu’il sent une surveillance trop étroite de ses activités, il prend des vacances, juste le temps de se faire oublier un peu et de détourner les soupçons.

            Ô Marie, consolatrice des affligés et Père Franz Stock, qui a tant œuvré à la réconciliation entre les deux peuples français, allemands, intercédez pour que la haine si déployée aujourd’hui, même entre citoyens de la patrie, soit brisée par une vague d’amour qui se construit par la prière et le respect et l’écoute de l’autre, non comme un adversaire mais comme un frère.

            Que l’Evangile soit de nouveau sur la table de chevet des familles et des foyers, des grands et des petits, pour pouvoir puiser l’enseignement de la Grâce qui apporte la paix dans les cœurs et les nations. Que le chapelet et le Rosaire soient récités de plus en plus…

 

1 « Notre Père »,10 « je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ». O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen

 

La paix, oui la paix

 

La paix, oui la paix, c’est le don de Jésus (bis)

Alors, dit Jésus, alors mon nom sera connu

La paix, oui la paix, c’est le don de Jésus

 

 

Cinquième Mystère Douloureux : La crucifixion

 

« Il baissa la tête et remit son esprit ! » (Jn 19, 30)

 

            La vie et la mort sont les deux aspects précieux du sacrifice de Jésus, ceux qui lui donnent son sens, depuis le Sourire de Bethléem qui veut s’ouvrir à tous les enfants des hommes venant au monde, jusqu’au Dernier Soupir qui assume toutes les douleurs pour les sanctifier, tous les péchés pour les effacer.

 

Bribes de vie de l’abbé Stock : l’abandon total à Dieu jusqu’à la mort

 

            Le 25 août 1944, le général de Gaulle entre à Paris, libéré. L’abbé Stock rejoint l’hôpital de la Salpêtrière où sont regroupés plus de 600 soldats allemands gravement blessés. Il leur apporte son aide. Quand les américains prennent en charge l’hôpital, volontairement il se livre comme prisonnier de guerre et se retrouve quelques jours plus tard dans un grand camp de prisonniers à Cherbourg.

            Mais, très rapidement, il devient le Supérieur du « séminaire des barbelés ». En plein accord avec les autorités militaires françaises, il est prévu d’installer le séminaire dans un camp à Orléans qui sera finalement transféré vers le camp de prisonniers 501 entouré de barbelés près de Chartres. Là sont rassemblés et entassés 40 000 prisonniers allemands. Les séminaristes vont vivre toutes les rigueurs des prisonniers : nourriture mauvaise et insuffisante, logement précaire, enfermement pesant… La souffrance physique et morale les étreint, mais, en surplus, ils ne supportent pas l’idée de la faute collective que certains voudraient leur faire supporter. Franz Stock veut les aider à dépouiller ce qu’il y a en eux « en nous » dit-il de militaire et à retrouver l’idéal sacerdotal.

            Au bout de deux années ainsi vécues, le 26 avril 1947, Franz Stock adresse aux séminaristes un dernier message comme un testament : « Un nombre de Saints voulus par la Providence suffira à sauver notre époque… C’est la Providence qui nous lance cet appel à la Sainteté. »

            Le 5 juin 1947, le Séminaire des barbelés » est fermé. Il a formé près de 600 prêtres dont 6 deviendront évêques. Il est UNIQUE dans l’histoire de l’Eglise et reste encore à ce jour, le plus grand séminaire du monde.

            Après sa fermeture, malgré ses nombreuses démarches auprès des autorités françaises, Franz Stock n’arrive pas à obtenir de carte d’identité et à être libéré. Il va mourir d’épuisement parce que chaque nuit il revivait les exécutions auxquelles il avait assisté et faisait des bonds dans son lit ! Mais son œuvre était achevée il n’avait plus qu’à rejoindre le Père et intercéder pour tous les prêtres.

             Il s’éteint épuisé par son ministère le 24 février 1948 à l’hôpital Cochin à Paris, semblant abandonné de tous…  Il n’a pas encore 44 ans !

 

            Ô Marie, consolatrice des affligés et Père Franz Stock, passeur d’âmes, ayant pris toute sa vie l’habit de ceux qu’il venait soutenir si discrètement et avec une telle détermination, intercédez pour que ce dépouillement de soi-même gagne les hommes d’Eglise, mais aussi les veilleurs que nous sommes, le peuple de France, afin que des viviers de Saints viennent sauver encore une fois notre patrie : la France.

            Que l’exemple d’âmes aussi vaillantes viennent nourrir nos esprits trop endormis et passifs pour l’heure présente.

 

1 « Notre Père »,10 « je vous salue Marie » 1 « Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles, Amen ». O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez au ciel toutes les âmes surtout celles qui ont le plus besoin de votre Miséricorde. Et que par la Miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles trépassés reposent en paix. Amen

 

Peuple de prêtres

 

Peuple de prêtres, peuple de rois, Assemblée des saints,

Peuple de Dieu, chante ton Seigneur.

 

 

Nous Te chantons, Ô Fils bien-aimé de ton Père

Nous Te louons, Sagesse éternelle et Verbe de Dieu,

Nous Te chantons, Ô Fils de la Vierge Marie.

Nous Te louons, Ô Christ, notre Frère, venu nous sauver.

 

Nous Te chantons, Splendeur de la lumière éternelle

Nous Te louons, Etoile du matin, annonçant le jour

Nous Te chantons, Lumière éclairant nos ténèbres.

Nous Te louons, Flambeau de la nouvelle Jérusalem.

 

Nous Te chantons, Médiateur entre Dieu et les hommes

Nous Te louons, Ô route vivante, chemin du ciel.

Nous Te chantons, Ô prêtre de l’Alliance nouvelle.

Nous Te louons, Tu es notre paix, par le sang de la croix.



[1] Joseph Folliet, aussi connu sous le pseudonyme de Frère Genièvre, né le 27 novembre 1903 à Lyon et mort le 12 novembre 1972 à Lyon, est un prêtre, militant catholique, sociologue et écrivain français, cofondateur des « Compagnons de Saint François » et fondateur de La Vie catholique illustrée.

[2] Textes relatifs à Franz Stock tirés du livre de René Closset « Franz Stock, aumônier de l’enfer » - éditions du Jubilé et de : « L’abbé Franz Stock : précurseur de la réconciliation Franco-allemande et de l’Unité de l’Europe » éditions le livre ouvert.



01/03/2021
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